Parking et bornes de recharge : comment les propriétaires fonciers transforment une obligation légale en revenu ?

Parking et bornes de recharge : comment les propriétaires fonciers transforment une obligation légale en revenu ?

Depuis le 1er janvier 2025, tout parking non résidentiel de plus de 20 places doit être équipé d’au moins un point de recharge par tranche de 20 emplacements, en application de la loi LOM. Dans un contexte où 25,3 % des véhicules neufs vendus en France en janvier 2026 étaient 100 % électriques, cette contrainte réglementaire arrive au moment précis où la demande en infrastructure de recharge explose. Plutôt qu’une charge supplémentaire, beaucoup de propriétaires fonciers y voient aujourd’hui une opportunité concrète de générer des revenus, sans débourser un euro.

Un cadre légal qui ne laisse plus le choix

La loi LOM (n° 2019-1428 du 24 décembre 2019) a posé des jalons clairs. Un parking de 95 places, par exemple, doit intégrer 4 bornes, dont une accessible aux personnes à mobilité réduite. L’obligation s’étend aussi aux rénovations importantes des parcs de stationnement. En 2026, les contrôles se renforcent sur les IRVE ouvertes au public, ce qui rend la mise en conformité de moins en moins contournable.

Des exemptions existent, notamment pour certaines entreprises de moins de 250 salariés sous seuils financiers, ou lorsque le coût des installations dépasse 7 % du montant total d’une rénovation. Mais elles concernent un nombre restreint de cas, et mieux vaut les vérifier au cas par cas plutôt que de les supposer acquises.

Pour les propriétaires qui ne souhaitent pas financer eux-mêmes le génie civil, le câblage, la certification IRVE et la maintenance, le modèle du tiers investisseur répond précisément à cette problématique. Un opérateur spécialisé prend en charge l’intégralité des coûts, de l’achat du matériel jusqu’à la supervision, en échange d’un droit d’occupation. Le propriétaire se met en conformité, sans immobiliser de capital. Cliquez pour plus d’informations sur greenspot.fr.

Un loyer mensuel sans gestion : le fonctionnement du tiers investissement

Dans ce modèle, l’opérateur reste propriétaire de l’infrastructure pendant toute la durée du contrat. Le propriétaire foncier perçoit en retour une redevance fixe, indexée sur des indices officiels (ILAT, ILC, ICC), et parfois une part variable calculée sur les revenus générés par les recharges. La fourchette couramment observée tourne autour de 3 000 à 6 000 euros par an et par point de charge, selon la puissance et les conditions négociées. Sur un site à forte affluence, le cumul peut représenter un revenu passif significatif.

Les sites ciblés en priorité sont les parkings extérieurs accessibles 24h/24, avec un minimum de 20 places et une facilité d’accès marquée : centres commerciaux, retail parks, zones d’activités, hôtels. L’effet dit « charge-to-store » joue aussi en faveur des commerçants-propriétaires : les conducteurs qui patientent pendant la recharge consomment sur place, ce qui peut renforcer la fréquentation des enseignes installées.

Sur le plan immobilier, les données disponibles indiquent que les actifs tertiaires équipés affichent des taux de vacance plus faibles et peuvent soutenir des loyers supérieurs de 5 à 10 % par rapport à des biens comparables non équipés. Pour les actifs résidentiels, certaines études estiment une plus-value à la revente comprise entre 3 et 5 % en zone urbaine ou périurbaine.

Un marché sous pression, des emplacements encore rares

La France comptait 185 501 points de recharge publics en avril 2026, soit une progression de 22 % sur un an. Pourtant, le rythme d’installation ralentit, alors que l’objectif gouvernemental fixe la barre à 400 000 bornes d’ici 2030. Le résultat : 33 sessions mensuelles en moyenne par point de charge, un record qui témoigne d’une saturation croissante. Avec 1 borne pour 14 véhicules électrifiés, la pression sur le réseau existant reste forte.

Dans ce contexte, les propriétaires fonciers qui mettent leur parking à disposition répondent à un besoin réel, et se positionnent tôt sur un marché qui va continuer à se structurer. Le programme ADVENIR, doté de 520 millions d’euros et visant 250 000 points de recharge d’ici 2027, prévoit par ailleurs des aides complémentaires, dont une surprime pour les parkings extérieurs avec un plafond porté à 8 000 euros HT. Ces barèmes évoluent régulièrement et méritent d’être vérifiés avant toute décision.

La contrainte réglementaire a changé de nature. Elle est devenue, pour beaucoup de propriétaires, une porte d’entrée vers une valorisation foncière concrète. Pour aller plus loin sur les questions liées à l’immobilier et aux évolutions du marché, vous pouvez consulter les articles immobilier publiés sur ce site.

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